Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 17:19

Apple - Steve Jobs est mort

Le Point.fr - Publié le 06/10/2011 à 02:56 - Modifié le 06/10/2011 à 12:38

Le fondateur d'Apple s'est éteint mercredi, à 56 ans, des suites d'un cancer du pancréas.

 

Le livre de Jobs se referme. Que retiendra-t-on de celui que le mensuel Forbes a nommé patron de la décennie ? Chris-Ann Brennan, la première femme qui a partagé sa vie, se souvient de ces nuits où il se réveillait un poing tendu vers le haut en hurlant "je veux conquérir le monde !" Pour mieux croquer le personnage, elle sort un stylo. Et griffonne sur un coin de table un dessin resté jusqu'ici secret. En haut se trouvent un moine zen, en bas Henry Ford, à gauche François d'Assise et à droite... Hitler ! Steve Jobs, pour elle, se situait à la croisée de ces quatre personnalités. Avec sa part de lumière et d'ombre, mais avec une rage et une force qui ont galvanisé cet autodidacte jusqu'au dernier souffle. Jusqu'à en faire un des hommes qui a révolutionné notre quotidien. 

Par GUILLAUME GRALLET

 "Vous souvenir que vous pouvez mourir est la meilleure façon d'éviter de penser que vous avez quelque chose à perdre", expliquait Steve Jobs en 2005, après avoir échappé à un cancer du pancréas. En 2009, une greffe du foie réalisée à Memphis, à l'issue d'une course folle en hélicoptère, lui donnait une nouvelle chance. Cette fois-ci, la maladie a été la plus forte... Celui qui, après le Macintosh, a changé la donne de la musique (iPod), de la téléphonie (iPhone) et de la télévision (iPad) vient de s'éteindre. Quand il est né, les téléphones avaient des cadrans, les télévisions ressemblaient à des cubes et on écoutait la musique encore sur des 78 tours. Le fondateur d'Apple a passé sa vie à changer la nôtre...

L'histoire commence pourtant par une fin de non-recevoir. Quand ils le mettent au monde en février 1955, l'étudiant en sciences politiques Abdulfattah Jandali, venu de Syrie trois ans plus tôt, et Joanne Schieble, élève en psychologie d'origines allemande et suisse, estiment qu'ils ne pourront subvenir aux besoins du petit Steve. Ils ne sont alors qu'étudiants et décident de l'abandonner. Une vérité que Jobs découvrira sur le tard. Un coup de massue d'autant plus douloureux que ses parents naturels garderont Mona, sa soeur cadette. Cette dernière, mariée un temps à un scénariste des Simpson, racontera dans The Lost Father l'histoire de leur famille décomposée.

Une terreur à l'école

Le petit Steve atterrit à Palo Alto, à une demi-heure de route au sud de San Francisco. Ses parents adoptifs, Paul, employé d'une entreprise de lasers, et Clara Jobs, comptable, habitent un pavillon doté d'un garage. À l'école primaire, Steve est une terreur. "On mettait des serpents dans la salle de classe et on faisait exploser des bombes à eau", confesse-t-il à Playboy en 1985. Un jour, il ingurgite du poison pour fourmis et est envoyé illico presto aux urgences... Dilettante ? Oui, mais avec une certaine suite dans les idées. À 12 ans, il déniche dans le bottin le numéro de Bill Hewlett, cofondateur de l'entreprise star de la Silicon Valley. Le vétéran répond gentiment à ses questions durant vingt minutes. Et offre à Steve un "job d'été" d'assemblage de composants qu'il effectuera trois ans plus tard.

Quand ils l'ont pris sous leur aile, les Jobs s'étaient engagés à lui faire suivre des études. Ce sera au Reed College, dans l'Oregon. Là aussi, il trouve le temps long. "Il dormait à même le sol en écoutant en boucle Tambourine Man et Hurricane de Bob Dylan, ses cheveux collés à un énorme transistor", se souvient pour Le Point Daniel Kottke, un des pensionnaires. Les deux se lient alors d'amitié avec Robert Friedland, un fort en gueule de cinq ans leur aîné, qui fera fortune par la suite dans les mines au Venezuela. Mais, surtout, "Toxic Bob", comme Friedland sera surnommé à la suite de l'explosion d'une de ses mines dans le Colorado, possède un verger dans l'Oregon. Apple doit son nom à ces après-midi d'automne "bohèmes", où Jobs, l'étudiant peu assidu, gamberge à l'ombre des pommiers.

Méditation et LSD

Ces divagations lui donnent le goût de l'aventure. Jobs ferait alors n'importe quoi pour se rendre au Kumbh Mehla, plus gros rassemblement religieux du monde qui se tient tous les quatre ans en Inde, sur les bords du Gange. Il rêve d'y rencontrer Maharishi Mahesh Yogi, un adepte de la méditation transcendantale dont les enseignements ont été suivis par les Beatles et Mia Farrow. Il convainc ses parents de lui offrir un billet en 1974. Il n'a que 19 ans, ne découvre pas de grand maître, mais le LSD, de terribles indigestions, et le goût de l'inconnu. Un jour, alors qu'il parcourt l'Himalaya, Jobs rencontre un moine qu'il ne connaît ni d'Ève ni d'Adam. Le Californien parle avec lui de l'origine de la vie, et accepte de se faire tondre la tête en signe de "purification".

De retour dans l'Oregon, au bout de quatre mois, Jobs plaque tout. Plus question de passer l'examen final. L'école de la vie s'avère plus difficile que l'école tout court. "Je ramassais les bouteilles de Coca-Cola pour récupérer la consigne de cinq cents", reconnaîtra-t-il en 2005, lors d'un retour sur sa vie devant les étudiants de Stanford. Chaque dimanche soir, il parcourt à pied les dix kilomètres qui le séparent du temple Hare Krishna de Portland pour obtenir un repas (végétarien) gratuit. Il sèche les cours donc, à l'exception de l'enseignement de la calligraphie. Il y découvre les empattements. Ces terminaisons des caractères proviennent de la trace laissée par le pinceau lorsque la main s'élève en achevant le geste d'écriture. "Cette initiation influera la manière d'écrire sur un Mac", expliquera-t-il toujours à Stanford. "Et comme Microsoft s'est borné par la suite à copier notre interface, tous les propriétaires de PC ont pu en bénéficier." Le ton est donné.vendre de l'eau sucrée ou bien à changer le monde ?" Tope là ! Au départ, tout va bien. Mais, très vite, l'indépendance de Jobs gêne. "Ses propos naviguaient entre une nonchalance désarmante et des arguments qui partaient dans tous les sens", déplore alors Sculley. Le nouvel homme fort décide de se séparer de ce génial ingérable. Et voilà Jobs viré de l'entreprise qu'il avait créée dix ans plus tôt !

1 820 dollars

Car, entre-temps, Jobs a rencontré Steve Wozniak chez Hewlett-Packard. "Enfin, il trouvait quelqu'un qu'il avait envie d'écouter", se souvient Bill Fernandez, un copain de fac, qui a présenté les deux Steve. Tous deux sont passionnés d'électronique, mais Woz, de quatre ans son aîné, est plus bidouilleur. À 11 ans, aidé de son père, il a déjà assemblé une radio ! Au tout début de l'informatique, Woz met au point un ordinateur baptisé Cream Soda Computer, en référence à la quantité de boisson gazeuse qu'il a ingurgitée lors de sa conception. "C'est ce type d'objet qu'il faut vendre !" hurle Jobs à Woz, qui n'y voyait qu'un jouet d'adolescent attardé. Jobs tanne Woz pour qu'il abandonne son poste chez HP et vende jusqu'à sa HP 65, une des premières calculatrices de poche. Jobs, qui vient de commencer un boulot chez Atari (il en est le 40e employé), refourgue de son côté sa camionnette Volkswagen.

En tout, les deux Steve mettent 1 820 dollars de côté. Un petit butin qui leur permet d'acheter des microprocesseurs. Et d'amorcer la production de leur premier ordinateur dans le garage des Jobs : l'Apple I, composé d'un clavier en bois gravé à la main. Les compères en écoulent 150 la première année. Enfin libre ! Jobs ne sera plus obligé d'habiller les répliques miniatures des personnages d'Alice au pays des merveilles à trois dollars de l'heure, comme en 1972 au Westgate Mall, un centre commercial de San Jose... Il faut alors passer aux choses sérieuses. Le look Levis 501 et baskets New Balance en effraie alors plus d'un. "Pourquoi vous m'avez envoyé ce renégat ?" s'emporte l'investisseur Donald Valentine, quand il le rencontre en 1972. Beau joueur, cette figure du capital risk recommande tout de même Jobs à Mike Markkula, un ex d'Intel. Il signe le premier chèque (250 000 dollars) qui permet à Apple de se doter de ses propres bureaux à Cupertino.

Contre IBM et Microsoft

 Dès sa création, Apple se positionne en réaction à l'establishment. Au départ, l'ennemi à abattre s'appelle IBM, qui veut remplir le monde de ses ordinateurs gros comme des salles à manger. Dans la publicité 1984 réalisée par Ridley Scott, Big Blue a des allures de Big Brother et Apple vient libérer une armée d'esclaves. David n'est pas toujours de très bon goût avec Goliath : à l'instar de ce cliché qui le montre devant une affiche d'IBM, le sourire aux lèvres et le majeur au garde-à-vous. Microsoft, né en même temps qu'Apple, n'est guère mieux traité par le trublion : "Bill Gates aurait pu avoir l'esprit plus large s'il avait pris une fois de l'acide en étant plus jeune."

Pour Jobs, avoir l'esprit large, c'est accorder une grande importance au design. À 20 ans, il est passionné des ouvrages de Stewart Brand - un écrivain qui, avec son "Whole Earth Catalog", invente une nouvelle manière d'écrire, truffée de collages -, qu'il dévore dans sa nouvelle maison de Los Gatos. Sur les murs blancs de sa maison, Jobs ne tolère que des tableaux du peintre du début du XXe siècle Maxfield Parrish : la destruction créatrice. "Tout ce dont j'avais besoin, c'était une tasse de thé, un briquet, une stéréo", explique-t-il à l'occasion d'un portrait réalisé par Diana Walker en 1982. En 2003, il déclare au New York Times : "Le design, ce n'est pas seulement l'apparence et la sensation, c'est aussi l'utilité." Séduit par la souris qu'Apple rend accessible au grand public, Andy Warhol est un des premiers adeptes du Macintosh, l'ordinateur qui succède à l'Apple II. Jobs commence à prendre confiance en lui.

Le jour de ses trente ans, il "loue" les services d'Ella Fitzgerald qui entonne "Joyeux anniversaire !" devant une trentaine d'invités... Jean-Jacques Servan-Schreiber est de la partie. Jobs est pris dans une course de vitesse... Cinq ans plus tôt, il a loué les services de Regis McKenna, le prince de la communication, pour introduire son entreprise en Bourse. "Entre Jack Kerouac et Rupert Murdoch, il a trop vite choisi le second", regrette alors un compagnon du départ.

Le revers de la légende

La légende de l'entrepreneur a son revers. Alors qu'il est au lycée, Jobs a fait la connaissance de Chris-Ann Brennan, jeune Californienne qui se passionne pour le bouddhisme. En juin 1978, leur aventure donne naissance à une fille, Lisa. Mais, à 23 ans, il n'a pas envie de la reconnaître. Il lui faut trois ans, et un test de paternité, pour que Jobs reconnaisse enfin Lisa, devenue, depuis, écrivain à New York. Il consent finalement à offrir une maison à son ex-compagne, qu'elle revendra pour passer une année sabbatique à Paris. Avant de revenir en Californie, où elle vit aujourd'hui de l'interprétation de mandalas, des dessins sanscrits.

C'est sûr, Chris-Ann est moins show-off que Joan Baez.. Au début des années 1980, Jobs fréquente l'ex de Bob Dylan. Il l'invite à une soirée de développeurs d'Apple. "Dire que j'ai dû danser avec elle... J'étais gêné, mais fier", se rappelle le compagnon des débuts Andy Hertzfeld. Selon Jeffrey Young et William Simon, auteurs d'iCon : Steve Jobs, le créateur d'Apple finira par la laisser tomber en 1982, car il avait peur qu'une femme de 41 ans ne puisse pas lui donner d'enfant...

Génial, mais ingérable

Car son autre bébé, le Macintosh, n'attend pas. Jobs doit à la fois mobiliser une équipe de développeurs de talent et structurer l'entreprise. Il va réaliser alors la plus grosse erreur de sa vie. En 1985, il débauche John Sculley, patron de Pepsi. À cet as du marketing, Jobs lance "Dis-moi, John, tu préfères passer le reste de ta vie à 

Jobs vit mal cette mise à pied... "Si Apple devient un endroit où la romance a disparu, et où les gens oublient que les ordinateurs sont l'invention la plus formidable de l'homme, je pense que j'aurai perdu Apple." Il élabore alors un plan avec son ami Larry Ellison, le richissime patron d'Oracle, pour racheter Apple et revenir à sa tête. Au dernier moment, le plan n'est pas mis à exécution, mais Jobs a pris soin de garder une action de la firme. Ce qui lui permet de scruter, trimestre après trimestre, les résultats de l'entreprise...

Retour triomphal

Cette "traversée du désert" va se révéler salutaire. En 1986, il achète Pixar au producteur George Lucas (La guerre des étoiles) dix millions de dollars. Il revendra le studio 7,4 milliards à Disney vingt ans plus tard. Entre-temps, il a transformé l'entreprise brinquebalante en boîte à tubes (Le monde de Nemo, Toy Story ou encore Monsters). Toujours en 1986, Steve l'infatigable crée NeXT (au suivant, en anglais), une compagnie qui, espère-t-il, va inventer l'ordinateur idéal pour les étudiants. Si le système rencontre un succès d'estime (Ross Perot investit dedans et Jobs offre un ordinateur NeXt au roi Juan Carlos), il n'en vend que 50 000 unités. Un échec commercial donc, mais, à ce moment-là, Jobs va réussir son coup de maître : en 1996, l'obstiné persuade Apple de racheter NeXT et sa technologie. L'enfant prodigue est de retour : au départ simple conseiller de Gil Amelio (qui a remplacé Sculley), il deviendra patron en 2000.

À son retour, Jobs change tout : de la cafétéria, où il fait embaucher un spécialiste du tofu, aux salles de réunion, qu'il baptise du nom de peintres de la Renaissance. Il cite alors le hockeyeur star Wayne Gretzky : "Je me dirige où le palet va être, non là où il est allé." Surtout, il sort Apple de son carcan. Avec l'iPod, Steve Jobs devient le plus grand vendeur de morceaux de musique au monde. Et un Français, Jean-Marie Hullot, l'encourage à se lancer dans la téléphonie. L'iPhone sort en 2007, et l'iPad, une tablette multimédia à tout faire, en 2010. Des lancements qu'il orchestre au cours de shows enseignés dans les écoles de commerce. À l'instar de la "keynote" présentée le 2 mars pour le lancement de l'iPad 2. Alors qu'il est censé être de nouveau en congé maladie depuis trois mois, Jobs apparaît sur scène, le pas plus assuré qu'à l'accoutumée. One more thing ? Jobs poursuit l'ouverture des Apple Store. Il en existe aujourd'hui 357 dans le monde...

Et voilà Jobs, rejeté un temps par l'entreprise qu'il a cocréée, de nouveau porté aux nues. "C'est le patron capable des meilleurs come-back", explique Richard Branson, numéro un de Virgin. Même Bill Gates, l'ennemi des débuts, expliquera en 2008, plus de trente ans après la création d'Apple et de Microsoft, que "Steve Jobs est celui qui a le plus contribué à l'industrie informatique"... Jobs est de nouveau le boss. Quelqu'un se trompe dans la taille des caractères d'une présentation et il rentre dans une colère noire. "Il aurait fait un parfait roi de France", plaisantait dans Time dès 1982 Jef Raskin, un des principaux développeurs du Mac.

Google, le nouvel ennemi

Le pouvoir isole. Car, à ce moment-là, Apple, ex-symbole de la contre-culture, devient dominant. Les opérateurs téléphoniques en ont gros sur la patate de voir ce nouveau venu créer un modèle fermé qui lui permet de facturer directement des mini-programmes (applications) aux clients. Et Google, l'ami de toujours, devient un ennemi en 2009. "Je suis désolé, mais je ne me suis jamais lancé dans les moteurs de recherche", moque Jobs.

Ces dernières années, Jobs semblait avoir réussi à faire la paix avec lui-même. En 1990, il a rencontré Laurene Powell, à l'occasion d'une conférence donnée à Stanford. Un an plus tard, le moine bouddhiste Kobun Chino Otogawa les a mariés au coeur du Yosemite Park. L'ex-banquière chez Merrill Lynch, reconvertie dans la vente de produits bio au sein de l'entreprise Terravera, lui a donné trois enfants, Reed, Erin et Eve, tout comme une certaine quiétude. Pour cette nouvelle progéniture, comme pour sa première fille Lisa, il avait des tonnes de projets. Ne venait-il pas de démolir la Jackling House, une gigantesque demeure du village de Woodside, pour en faire un paradis familial ? Bien décidé à ne pas reproduire l'erreur de New York où il avait retapé un triplex avant de le revendre en 2003 quinze millions de dollars au chanteur Bono sans l'avoir jamais occupé.

Le livre de Jobs se referme. Que retiendra-t-on de celui que le mensuel Forbes a nommé patron de la décennie ? Chris-Ann Brennan, la première femme qui a partagé sa vie, se souvient de ces nuits où il se réveillait un poing tendu vers le haut en hurlant "je veux conquérir le monde !" Pour mieux croquer le personnage, elle sort un stylo. Et griffonne sur un coin de table un dessin resté jusqu'ici secret. En haut se trouvent un moine zen, en bas Henry Ford, à gauche François d'Assise et à droite... Hitler ! Steve Jobs, pour elle, se situait à la croisée de ces quatre personnalités. Avec sa part de lumière et d'ombre, mais avec une rage et une force qui ont galvanisé cet autodidacte jusqu'au dernier souffle. Jusqu'à en faire un des hommes qui a révolutionné notre quotidien.

 

 

Par Frank Chantepie - Publié dans : Personnages
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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 17:12

Le Sénat vire à gauche après  le renouvellement du 25 septembre 2011

 Lundi 26 Septembre 2011, Par Xavier Frison,  POLITIS.FR

 

Quelques résultats symboliques

 Le ministre de la Ville, Maurice Leroy, est battu. 
 Un 8e siège est gagné par la gauche à Paris, où l’UMP ne détient plus que deux sénateurs. 
 Gain d’un siège pour la gauche dans les Yvelines, le département du président UMP du Sénat Gérard Larcher. 
 Avec 10 élus contre 4 auparavant, les écologistes pourraient tenter de créer leur propre groupe. 
 La droite a perdu des départements qu’elle détenait depuis pratiquement toujours, comme la Lozère. 
 Dans le Morbihan, contre toute attente, la gauche a remporté les trois sièges. 
 Consolation pour le camp présidentiel : les ministres Gérard Longuet (Défense) et Chantal Jouanno (Sport) ont été élus.

 

Le rôle du Sénat

 

Le Sénat examine, modifie et vote avant ou après l'Assemblée nationale les projets de loi, les propositions de loi, résolutions, traités et conventions internationales. C'est pourquoi une majorité de gauche dans cette assemblée risque inévitablement de compliquer les choses pour le gouvernement. Néanmoins, les députés ont toujours la possibilité de passer en force, l'Assemblée nationale ayant le dernier mot. Le Sénat est par ailleurs une chambre permanente, que l'on ne peut dissoudre. Aucune réforme de la Constitution n'est possible sans son accord. Son président, le deuxième personnage de la République, procède aux nominations de trois membres du Conseil constitutionnel et d'un du Conseil supérieur de la magistrature. Enfin, le Sénat exerce une mission de contrôle du gouvernement par des questions, des débats ou des missions d'information ou d'enquêtes.

 

 

Non, le Sénat n'était pas à droite depuis 1958 !

 

Connaître sur le bout des doigts l'histoire politique est la base pour un journaliste politique. Il semble pourtant que certains de mes confrères l'aient oublié: tous ceux qui répètent à l'envie que "le Sénat est à droite depuis 1958".

Rappel: de 1959 à 1968 le président du Sénat est à gauche. Il s'agit de Gaston Monnerville, membre du Parti Républicain Radical et Radical-Socialiste (PRRRS). Ce parti a ensuite dérivé au centre puis à droite (d'où la scission des radicaux de gauche), mais il était sans conteste à gauche dans les années soixante, comme le prouve sa participation à la Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste (FGDS).

Pour autant, le Sénat n'est alors pas à droite, puisque jusqu'en 1974 il existe un centre d'opposition. Lorsque Alain Poher est élu président du Sénat, en 1968, il appartient ainsi à ce centre d'opposition (le Centre Démocrate) et non pas à la majorité gaulliste; Alain Poher sera d'ailleurs l'adversaire de Georges Pompidou au second tour de l'élection présidentielle de 1969.

 

http://www.ipolitique.fr/archive/2011/09/25/gauche-droite-presidence-senat.html

Blog personnel de Laurent de Boissieu, journaliste politique

 

 

Par Frank Chantepie - Publié dans : La Cinquième République - Communauté : Histoire-Géo en Terminale
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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 21:11

Emploi : les régions françaises inégales devant la crise

Par Frank Chantepie - Publié dans : La Cinquième République
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 17:04

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Le même pays qu'en 1940 ?

 

Il y a exactement soixante-dix ans, la France était envahie par l'Allemagne nazie. Le pays a certes beaucoup changé, mais sans doute moins qu'on aurait pu le penser, estime un spécialiste américain de l'histoire européenne.

11.05.2010 | David A. Bell* | Newsweek


Sur les 65 millions de Français, 5 millions à peine sont assez âgés pour se souvenir des terribles semaines de mai et de juin 1940, durant lesquelles la machine de guerre nazie écrasa les forces armées françaises, avant de contraindre la France à signer un humiliant armistice, et de marcher triomphalement sur Paris. La guerre éclair et l'occupation traumatisante qui débuta le 10 mai 1940, il y a tout juste soixante-dix ans, disparaissent rapidement des mémoires.

On serait tenté de penser que tout sépare la France pauvre, rurale, homogène et dans l'ensemble plutôt religieuse de 1940 de celle riche, urbanisée, multiculturelle et foncièrement laïque de 2010. Mais, à y regarder de près, on constate aisément que, soixante-dix ans plus tard, la France n'a pas changé tant que cela.

Certes, les choses se sont améliorées. A l'époque, la moitié de la population vivait encore dans les campagnes, et un quart de la population active travaillait dans l'agriculture traditionnelle. Un tiers des foyers n'avait pas accès à l'eau courante, et moins d'un dixième était équipé du téléphone, d'un réfrigérateur ou d'une machine à laver. Aujourd'hui, malgré un chômage obstinément élevé, la France possède une économie postindustrielle performante, qui utilise largement l'énergie nucléaire et dont le réseau de trains à grande vitesse transporte les voyageurs entre Paris et Londres (par le tunnel sous la Manche) en à peine deux heures.

Les grandes institutions qui dominaient la vie publique en 1940 ont pour la plupart perdu de leur superbe ou se sont carrément effondrées. Plus de 40 % des adultes et une grande majorité des enfants allaient régulièrement à l'église ; de nos jours ce chiffre a chuté de plus de moitié, et une récente enquête montre qu'une tout petite majorité de la population se dit catholique. A l'autre extrémité, le Parti communiste qui autrefois tenait le haut du pavé dans les banlieues ouvrières des grandes villes – contrôlant les municipalités et organisant l'essentiel de la vie collective – recueille désormais moins de 3 % des voix. L'armée, jadis l'une des institutions les plus importantes et prestigieuses du pays, est devenue quasi invisible aux yeux des civils, surtout depuis la fin du service militaire obligatoire (en 1997).

La France de 1940 régnait sur l'un des plus vastes empires que le monde ait jamais connus. Le drapeau tricolore flottait dans la majeure partie de l'Afrique du Nord et de l'Ouest, sur un chapelet de territoires allant de la Polynésie aux Antilles, et sur la quasi-totalité de l'Indochine. L'Algérie faisait juridiquement partie de la France, tout comme Hawaï l'est aujourd'hui des Etats-Unis. Mais l'empire s'est dissous dans le grand mouvement de décolonisation des années 1950. L'Algérie et le Vietnam ont conquis leur indépendance au prix de douloureuses guerres de guérilla, et plus de 1 million de colons européens ont fui l'Afrique du Nord pour venir s'installer en France. Aujourd'hui, la France d'outre-mer est une petite constellation de territoires insulaires : Martinique, Guadeloupe, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre-et-Miquelon, etc.

Et pourtant, malgré tous ces changements, il y a des choses qui sont restées étonnamment immuables depuis la guerre éclair. Il y a en premier lieu le rôle disproportionné de l'Etat dans la société. Dans une tradition de dirigisme, qui remonte à l'Ancien Régime, l'Etat encadre les marchés par un écheveau complexe de réglementations, tout en gérant directement le système de santé, la plupart des institutions culturelles et l'essentiel de l'enseignement, de la maternelle au niveau postdoctoral.

Et puis il y a la place qu'occupent les intellectuels dans la vie publique. Certes, leur influence décline depuis 1940, et aucun penseur français ne jouit actuellement du statut d'un Voltaire, d'un Victor Hugo ou d'un Jean-Paul Sartre. Mais même des prétendants au trône comme le philosophe Bernard-Henri Lévy ont droit à une attention médiatique bien supérieure à celle dont bénéficient leurs homologues américains.

Bien entendu, la France demeure le pôle mondial du luxe qu'il a été  pendant des siècles. Même aujourd'hui, le parfum, le vin et les spiritueux, les vêtements, les accessoires de mode et les cosmétiques rivalisent à l'international avec l'aéronautique (dont Airbus). La gastronomie reste elle aussi au centre de l'identité française, bien que les recettes peu diététiques d'Auguste Escoffier, encore dominantes en 1940, aient depuis longtemps cédé la place à une nouvelle cuisine plus saine. Et si les Français consomment moitié moins de vin qu'en 1940, les adultes éclusent toujours en moyenne 70 bouteilles par personne et par an, soit près de sept fois plus que la consommation d'un Américain.

Par Frank Chantepie - Publié dans : La Cinquième République
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 10:17

 

Les députés votent une résolution de principe contre le voile intégral

Par Frank Chantepie - Publié dans : La Cinquième République
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